jeudi 5 mai 2011

Régis Airault - Survenir adolescent dans l’entre-deux culturel : l’exemple des bangas de Mayotte -Enfances & Psy 2007

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Premières lignes
« La vie sans amour c’est comme un slipe sans lastic. »Il n’y a pas que les individus qui soient agités par des crises d’iden- tité : les sociétés le sont également, et l’exemple de Mayotte, île française du bout de l’ailleurs, ancrée entre l’Afrique de l’Est et Madagascar, en est l’illustration.Cette île est un cas à part dans les Territoires d’outre-mer....
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CONCLUSION

En créant « La maison du jouir », Gauguin ne fait rien d’autre que construire son banga : peut-être n’a-t-il pas eu cet espace à l’adolescence ? « Les ministères de l’impossible, les châteaux-pièges, les châteaux-plaisir », ces maisons du jouir que l’on rencontre à la périphérie des villages mahorais l’auraient enchanté. Car ça rend vraiment heureux tous ces bangas : ça vous transporte dans une autre temporalité.
Il va sans dire que cette richesse traditionnelle ne doit pas disparaître, comme le prédisent certains oiseaux de mauvais augure, et ne disparaîtra pas. Au contraire, face à la modernité, il y a recrudescence des « Tam-Tam Diables », les cérémonies des Djinn, et les bangas fleurissent partout dans la campagne[
 [24] Cf. « Le banga », p. 197-220, « Les “Madjinni”...
 Même dans les nouvelles architectures « modernes », on voit pousser, au sein de l’enclos du jardin[25] Le Shandza. ...
 un espace qui sera consacré à l’adolescent : le banga ressurgit même s’il n’est parfois plus en pisé, mais en tôles décorées : « Le banga double tôle. »
Car ce n’est pas une simple lubie mahoraise : cet espace correspond à une nécessité chez le jeune humain ; c’est un lieu psychique qui prend forme. Et même si l’on doit renoncer à certaines traditions, on ne renonce pas comme ça au banga, à la liberté. SFR ne s’y trompe pas : il y a quelques jours, j’ai vu à la télévision, une publicité pour les portables dans laquelle un jeune appelle sa copine depuis son banga en pisé perdu dans la forêt et sur la façade duquel vient s’inscrire « SFR » en dessous de « Paradis d’amour ».
 Nous avons confiance, car partout dans Mayotte, au coin de chaque village, de chaque rue, il y aura toujours un adolescent penché à sa fenêtre, la radio à fond, qui sera fier de vous accueillir dans son « Château Banga » à lui.
Si vous le croisez sur votre chemin de vie, n’hésitez pas : entrez, après avoir dit les formules de politesse : « Odi, je peux ? Caribou, bienvenue

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